Tabac chauffé : un nouveau leurre de l’industrie du tabac

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Le tabac chauffé est une invention de la fin du XXe siècle. Les premiers dispositifs fonctionnaient avec un axe de charbon introduit dans la cigarette, lequel était allumé avec une allumette ou un briquet et chauffait le tabac, comme cela se fait encore avec les chichas. C’est le charbon de bois qui, en brûlant, chauffe le tabac à travers une pellicule d’aluminium. La quinzaine de produits développés a fait l’objet de quelques commercialisations locales, mais ces produits libéraient souvent plus de monoxyde de carbone (CO) et de particules fines que les cigarettes traditionnelles, et surtout ils ne plaisaient pas aux fumeurs. Malgré les milliards investis par les cigarettiers, ils ont donc été abandonnés [1, 2].

Au début du XXe siècle, avec la détérioration de l’image de la cigarette et la baisse de la consommation de tabac dans de nombreux pays, les cigarettiers ont retravaillé le produit et proposé un chauffage électrique [3]. Le tabac est chauffé selon le même principe que celui utilisé depuis des années par certains consommateurs de cannabis, afin d’inhaler moins de fumée en remplaçant les joints de cannabis faits avec du tabac par la consommation de cannabis chauffé grâce à des vaporisateurs de type Vulcano. Des dispositifs de chauffe de tabac miniaturisés, ressemblant vaguement à des cigarettes, ont été conçus par les cigarettiers qui recherchaient désespérément des produits moins taxés [4] leur permettant d’augmenter leurs marges commerciales [3], autrement dit des produits leur permettant de contourner les législations mises en place par les États pour lutter contre les dégâts sanitaires et environnementaux de la cigarette.

Les produits et les émissions

1. Les produits

Les tabacs chauffés électriquement commercialisés actuellement comprennent tous un dispositif de chauffe ayant un nom différent de celui des tabacs utilisés dans ces dispositifs. En France, les 3 dispositifs commercialisés [1] sont la Ploom, la Glo et l’Iqos, chacun utilisant une préparation spécifique de tabac (Vapodes, Neostiks et Heets respectivement) (tableau I).

>>> La Ploom du cigarettier Japan Tobacco International a été commercialisée en 2014, elle chauffe moins que les autres (180 °C), n’a pas de combustion, mais les utilisateurs ne l’aiment pas et c’est un flop commercial.

>>> La[...]

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À propos de l’auteur

Professeur honoraire Sorbonne Université, ancien pneumologue APHP, tabacologue (Institut Arthur Vernes et Hôpital Pitié-Salpêtrière), PARIS.