Les recommandations nord-américaines de 2013 : ce qui a changé

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Les principaux changements sont les suivants :

– le titre de la recommandation ne fait pas mention des termes “hypercholestérolémies” ou “dyslipidémies” mais de cholestérol plasmatique ;

– pour réduire le risque cardiovasculaire dans la prise en charge du cholestérol plasmatique, seules les statines justifient d’être utilisées et les autres traitements n’ont pas apporté la preuve d’un rapport bénéfice/risque qui justifie leur prescription ;

– il n’y a pas de cible de LDL à atteindre, finies les cibles à 0,7 g/L, 0,8 g/L ou 1 g/L, mais il y a une utilisation d’un traitement, les statines, dont la dose est fonction du risque cardiovasculaire ;

– la dose de statine à utiliser est celle permettant de diminuer en valeur relative de 50 % le LDL chez les patients à risque cardiovasculaire élevé, sans cible absolue de LDL à atteindre, et celle permettant de diminuer de 30 à 50 % le LDL chez les patients à risque cardiovasculaire intermédiaire : le LDL est le marqueur de la dose de statine et non l’objectif du traitement ;

– au-delà de 60 ans, la cible du traitement de l’hypertension artérielle est une pression artérielle systolique inférieure à 150 mmHg, et non plus inférieure à 140, voire 130 mmHg, et ce même s’il y a un diabète ou une insuffisance rénale. Les experts indiquent qu’il n’y a pas de preuve suffisante pour proposer une cible plus basse, hormis des avis d’experts.

Si ces changements de contenu ont pu surprendre certains médecins, il faut bien comprendre que c’est surtout le mode d’élaboration des recommandations qui a changé, plutôt que leur contenu. En effet, celui-ci ne fait que suivre le nouveau mode d’élaboration des recommandations en Amérique du Nord.

L’intérêt d’une telle démarche est qu’elle renforce la réflexion nécessaire sur le mode de production d’un texte de recommandation, texte qui ne doit pas être conçu comme un dogme scientifique, mais comme le produit de l’action de divers groupes sociaux.

Pourquoi un changement ?

Même si les recommandations sont élaborées par des experts, même s’ils y consacrent du temps et de la réflexion, même si elles sont enseignées en tant que telles, mêmes si elles ont force de loi, tous éléments qui n’en garantissent pas la rigueur scientifique tout en laissant penser qu’il s’agit de textes scientifiques, les articles précédents de ce numéro 300 de Réalités Cardiologiques ont montré que des recommandations pouvaient avoir certaines limites.[...]

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À propos de l’auteur

Clinique Villette, Dunkerque.

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