Paramètres échographiques à ne pas oublier après un infarctus du myocarde

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L’évolution de la prise en charge de l’infarctus du myocarde, et en particulier la reperfusion précoce, a radicalement transformé son pronostic [1]. Les complications sont aujourd’hui beaucoup moins fréquentes, mais leur gravité nécessite un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée. Une échographie cardiaque doit être réalisée le jour de l’admission en USIC afin de stratifier la prise en charge du patient. L’examen devra être répété en cas de récidive des symptômes, -d’instabilité hémodynamique, de signes -d’insuffisance cardiaque droite ou devant l’apparition d’un souffle. Un examen de contrôle à distance (entre 3 et 6 mois) permettra d’évaluer le remodelage ventriculaire. Cet examen peut être répété plus tôt pour les patients dont il faudra évaluer l’indication à une implantation de défibrillateur (1 mois).

Dysfonction ventriculaire gauche

L’évaluation de la fonction systolique du ventricule gauche est primordiale car elle conditionne la stratégie thérapeutique intrahospitalière et le pronostic à long terme. Cette évaluation doit être au moins réalisée par la mesure de la fraction d’éjection ventriculaire gauche (FEVG) à l’aide de la méthode Simpson biplan. Une fraction d’éjection altérée (< 40 %) identifie les patients qui tirent le maximum de bénéfice du traitement par IEC (études AIRE et SAVE, fig. 1) [2] et éplérénone [3]. Dans cette population, l’introduction des bêtabloquants devra être plus progressive, voire retardée en cas d’insuffisance cardiaque ou de surcharge. Il faudra ainsi vérifier le flux mitral, les pressions pulmonaires et mesurer le diamètre de la veine cave inférieure.

Par ailleurs, grâce au développement récent du speckle tracking, il est actuellement possible de mesurer précisément la fonction longitudinale, le strain global, qui offre une évaluation plus précise et reproductible de la fonction contractile du myocarde. Un strain longitudinal global < -18 % reflète une fonction systolique normale, > -16 % une altération modérée et > -9 % une altération sévère de la fonction systolique (fig. 2). Les valeurs de strain régional offrent une indication de la transmuralité de la nécrose : un segment dont le strain longitudinal est positif a 80 % de chance d’avoir une nécrose transmurale, tandis qu’un segment présentant un strain < -10 % a plus de 95 % de chance d’avoir une nécrose limitée [4]. Chez les patients peu échogènes, il est important de réduire la fréquence d’émission de la sonde d’échographie ou d’utiliser du contraste[...]

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À propos de l’auteur

Service de Cardiologie, CHU Henri-Mondor, Créteil.

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